Ep.27 : Emilie LOWENBACH de Ecotone – un acteur majeur de l’alimentation biologique et végétale en Europe

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Notre podcast Business Positif a accueilli Emilie LOWENBACH, directrice RSE et communication chez Ecotone, une entreprise certifiée Bcorp et actrice majeure de l’alimentation
biologique et végétale en Europe.

[RETRANSCRIPTION] Dans cet épisode nous parlons de :

Melody SCHMAUS :

Je suis ravie qu’on parle d’Ecotone qui est un groupe que nous connaissons sans doute peu mais qui pourtant recueille plein de marques emblématiques du bio.

Emilie, tu viens nous parler de la démarche RSE de l’entreprise, puisque tu es directrice RSE pour ce groupe.

Peux-tu me parler d’Ecotone et de sa mission ?

Emilie Lowenbach : Ecotone, c’est un groupe qui est peu connu à travers son nom mais plus connu à travers ses marques. Notre entreprise est née il y a plus de 250 ans. Au fil des années, elle s’est renouvelée pour tracer une voie alternative aux modèles alimentaires dominants et devenir aujourd’hui pionnière en terme d’alimentation bio et végétarienne en France et en Europe.

Nous sommes une entreprise à mission, certifiée Bcorp, dont la raison d’être est de nourrir la biodiversité.

Cette mission, nous la conduisons à travers un collectif de marque engagées, connues auprès des consommateurs : Bjorg, Bonneterre, AlterEco, Clipper mais aussi d’autres en Angleterre, en Espagne, en Italie.

Notre nom n’a pas été choisi au hasard. Un écotone, c’est un lieu ou deux écosystèmes différents se rencontrent. A la jonction de ces deux écosystèmes la biodiversité est la plus riche.

Par exemple, à la lisière de la forêt et de la prairie, on a un effet magique où 1+1=3. La diversité est plus importante à cet endroit-là.

M.S. : C’est génial d’avoir choisi ce nom là, c’est hyper symbolique et ça montre les enjeux que vous mettez derrière ça. Peux tu m’en dire plus sur comment fonctionne l’entreprise aujourd'hui ?

E.L. : Ecotone est une entreprise française basée à Lyon. Nous employons 1 600 collaborateurs en Europe : Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne et Pays-Bas. Nous sommes, à peu près, 300 au siège de l’entreprise et nous avons fait 700 millions de chiffre d’affaires, l’année dernière. Nous avons construit un lieu, la Ruche, pour incarner notre mission et s’en servir comme un lieu pour expérimenter nos valeurs au quotidien.Nous travaillons de façon collaborative, sur la synergie des équipes, pour produire des bons produits sains et naturels.

M.S. : Un exemple concret d’une expérience qui peut être menée au sein de ce lieu ?

E.L. : Par exemple, nous avons des ateliers entre midi et deux autour de nos valeurs et de nos convictions. Un potager est mis à disposition, pour expérimenter en direct ce qu’on aura appris, avec des méthodes proches de l’agro-écologie. Nous avons aussi des cours de cuisine, des recettes végétariennes. Nous nous soignons avec des huiles naturelles.

Nous avons divers ateliers qui vont chercher à engager nos collaborateurs sur notre vision de l’alimentation mais aussi sur un mode de vie plus responsable.

 M.S. : Peux tu me parler de ton parcours ? 

E.L. :  J’ai un double parcours. J’ai passé 10 ans en marketing sur différentes marques du groupe et, principalement, sur la marque Bjorg, puis, 10 ans en RSE.

Je suis tombée dans la marmite du bio en intégrant l’entreprise et j’ai épousé les valeurs qui étaient inhérentes à ce modèle. Je suis devenue activiste en interne en quelque sorte.

Je challengais pas mal les engagements de l’entreprise.

D’abord sur la marque Bjorg, pour améliorer la qualité nutritionnelle. J’ai initié le chantier de substitution de l’huile de palme sur la marque en 2009. C’était la première marque à se pencher sur ses enjeux.

Puis aussi sur les pratiques de l’entreprise, les manières dont nous pouvions nous alimenter à la pause midi, la manière dont nous entretenions les espaces verts, nettoyions  les bureaux. Le patron de l’époque a fini par me dire : “Fais-le !”

C’est comme ça que ça a commencé, j’ai pris un poste, qu’on appelait pas encore RSE, en 2012. Il consistait surtout à aligner nos pratiques d’entreprise avec nos valeurs et à engager la culture et l’engagement de nos collaborateurs sur les valeurs de l’entreprise.

Puis, petit à petit, nous avons structuré une vraie démarche RSE puis nous avons créé une fondation pour amplifier notre impact en dehors de notre chaîne de valeurs.

MS : Comment se constitue le département RSE ? 

E.L. :  Nous sommes une équipe de 3 personnes. Nous pilotons la RSE pour le groupe, l’ensemble des marques et l’ensemble des filiales.

Notre rôle est vraiment d’animer les feuilles de route des différentes fonctions de l’entreprise et des différentes marques autour des engagements de l’entreprise et de la préservation de la biodiversité.

Sachant, qu’en fait, on se définit souvent comme une famille d’entreprises, constituée d’un ensemble de PME, qui chacune a son identité propre, mais toutes réunies autour de cette mission : la préservation de la biodiversité.

Bjorg est sur la diversité des ingrédients. Bonneterre pousse le curseur plus loin sur les pratiques agricoles. Et Alter Eco va chercher à préserver la biodiversité mais va aussi s’emparer d’un enjeu sur le commerce équitable qui est un enjeu crucial sur les produits qui viennent du sud.

Chacune à sa manière va chercher à porter cette mission de l’entreprise mais à développer aussi ses spécificités propres et son ton de voix propre à la marque.

 M.S. : Comment s’est passée l’aventure Bcorp  ?

E.L. : En 2020, nous avons adopté les statuts d’entreprise à mission. Mais, nous n’avons pas attendu la loi Pacte pour être une entreprise à mission. Quand nous avons structuré notre démarche RSE, nous avons travaillé sur la raison d’être et les valeurs, en collectif. Nous avons réuni une cinquantaine de parties prenantes.

Nous avons essayé de répondre collectivement à cette question : “quelle contribution peut-on apporter au monde ?”

C’était l’enjeu que nous voulions contribuer à résoudre. Nous avons ensuite cherché à évaluer la solidité de notre démarche à travers une certification. Au départ, nous avions choisi la certification ISO 26 000. 

Nous nous sommes un peu perdus dans cette certification. Elle est très conceptuelle en terme de pistes d’actions. Pour engager les collaborateurs de manière concrète, c’est compliqué.

Du coup, on avait en vue cette certification Bcorp, que nous avions déjà récupérée aux Etats-Unis et quand elle est arrivée en France, nous avons été les premiers à s’y essayer.

Ce qui nous a séduit :

  • C’est une des certifications les plus exigeantes au monde : 200 questions à 360° sur l’impact social et environnemental de l’entreprise
  • C’est une vraie boussole : Elle vous dit de manière très pragmatique et très concrète, quelles pratiques vous devez mettre en place pour améliorer votre impact social et environnemental. C’est très facile, ensuite, d’engager les collaborateurs.

Il y a des points sur lesquels nous étions en retard : la diversité et l’inclusion. Nous travaillions dessus de manière naturelle mais nous ne les avions pas forcément processée. Par exemple, le mécénat. Nous n’avions pas forcément fixé de règle, ni mis de process.

La création de la fondation nous a aidé dans ce sens là et Bcorp a été un accélérateur sur ce point.

Il y a des domaines sur le bien être des collaborateurs, on avait déjà entamé ce process d’acculturation, d’animation autour de nos valeurs. Il y a des choses qu’on faisait déjà, Bcorp nous a poussé un cran plus loin dans la manière de structurer et en terme de nouvelles pratiques à mettre en place.

Pour engager les différents collaborateurs dans la démarche Bcorp, nous avons réparti les différentes questions par fonctions : pour la finance, pour le marketing…

Nous avons animé des workshops par fonctions, puis ensuite en transversal, par filiale, en construisant des plans d’actions, tous ensemble. Ces plans d’action doivent être cohérents et faire sens pour tous. 

Par exemple, sur la partie RH on a développé le bonus pour tous.

M.S. : La RSE est aussi un sujet au niveau de chaque marque. Comment faites-vous pour interagir avec les autres marques?

E.L. : Nous avons des référents dans chaque marque. Nous travaillons de concert avec le marketing et aussi avec la R&D. C’est via notre offre produit que nous allons vraiment faire porter nos engagements et faire avancer les choses. C’est à travers l’innovation et la rénovation.

M.S. : Allez-vous monter des projets différents en fonction des marques ?

E.L. :  Nous travaillons marque par marque et parfois nous cherchons un combat commun. C’est ce qu’on a fait l’année dernière avec toutes les marques qui se vendent en grande distribution. Nous avons monté une opération commune qui vise à replanter des haies dans les espaces agricoles français. On a fédéré l’ensemble de nos marques derrière ce combat.

M.S. : Est-ce que tu peux m’expliquer dans quel contexte la notion de re-branding et de relocalisation se sont déroulées ?

E.L. : En 2019-2020, nous avons eu de grandes transformations dans l’entreprise.

Nous sommes sortis de la bourse. Nous avons été rachetés par un fond d’investissement français. Le siège social a été rapatrié en France, parce qu’Ecotone a un ancrage fort dans ce pays (60% du business) et aussi que de nombreuses marques de notre portefeuille sont nées en France.

En parallèle de cela, nous avons reprécisé notre raison d’être et notre contribution autour de la biodiversité.

Nous avons pris des engagements qui dépassent les standards des engagements bio, et cette nouvelle stratégie a fait émerger ce nouveau nom. Nous avons choisi un nom qui incarne notre mission, notre combat, pour apporter plus de cohérence et plus de visibilité à ce que nous faisons.

M.S. : En termes d’organisation, comment cela s'est-t'il passé ?

E.L. : Il y a eu du mouvement, des départs et une vingtaine de créations de postes. Le siège était réparti entre la France (pour la R&D) et Amsterdam (finance, informatique).

M.S. : Peux-tu nous parler du lien entre le monde de l’entreprise et de la biodiversité ?

E.L. : Quand on pense à la perte de biodiversité, on pense souvent à la biodiversité extraordinaire : les espèces en voie d’extinction comme les pandas, etc. 

Les gens ne réalisent pas que la perte de biodiversité touche la biodiversité ordinaire, celle à côté de chez nous et la France n’est pas épargnée.

Le dernier rapport de l’Office français de la Biodiversité confirme que nous avons des populations d’insectes qui ont chuté de 80%, en 30 ans, en Europe, principalement sous le coup des pratiques agricoles intensives et de l’utilisation des pesticides.

La standardisation de notre alimentation est aussi en cause. Aujourd’hui, les deux tiers de notre alimentation reposent sur 9 ingrédients.

Donc, nous assistons à une perte de biodiversité qui touche nos champs et nos assiettes. La cause, comme la solution, à l’érosion de cette biodiversité, se trouve bien dans notre alimentation. La façon dont on va s’alimenter, va contribuer, soit à détruire, soit à préserver la biodiversité donc nous avons le choix.

E.L. : C’est exactement ce que nous avons cherché à faire. Définir différents engagements qui permettraient à la fois de faire grandir la biodiversité, dans les champs à travers des pratiques agricoles, mais aussi dans l’alimentation à travers la diversification des ingrédients utilisés.

M.S.: Il y a 4 engagements principaux : pourquoi ceux-là ? en terme d’impact positif et en terme business ?

E.L. : Nous sommes sur 3 niveaux d’engagement :

  • Eviter tout ce qui pourrait détruire la biodiversité

C’est pour cela que nous avons fait le choix du bio et du végétarien. Plus nous utilisons de pesticides de synthèse, plus nous tuons le vivant. Nous cherchons à éviter leur utilisation. 80% de notre CA est en bio, et on vise les 90% d’ici 2030. Nous avons aussi fait le choix du végétarien et ce marché représente 95% de notre CA. Nous souhaitons maintenir ce pourcentage.

Aujourd’hui, quand nous écoutons une ONG comme Greenpeace, 80% de la déforestation dans certaines régions du monde est liée à l’élevage intensif et, notamment, à travers la culture de soja pour faire des tourteaux de soja, pour nourrir les bêtes, en France également. C’est ce qu’on appelle la déforestation importée.

  • Ensuite, nous allons chercher à faire grandir la biodiversité, en diversifiant les ingrédients.

En proposant des alternatives au blé, au maïs et en développant des pratiques agricoles qui vont plus loin que le cahier des charges bio. Avoir recours à des rotations longues, à des couvertures de sol en hiver, à la présence d’infrastructures agroécologiques, comme les haies, qui sont des refuges pour la biodiversité sur les champs.

  • Le troisième niveau : chérir la biodiversité.

Soutenir des projets de restauration ou de préservation d’écosystème qui ont été dégradés et agir dessus à travers la fondation. Cette fondation va nous aider à dresser cet enjeux au-delà de notre chaîne de valeur. 

Nous intervenons, principalement en France où la fondation est née. Mais nous réfléchissons à étendre son scope d’action sur l’Europe.

Notre levier principal, c’est vraiment l’offre produit à travers l’innovation et la rénovation. La fondation va nous permettre de dépasser le scope de l’entreprise pour aller travailler un cran plus loin. 

On travaille beaucoup la rénovation. Par exemple, nous avons améliorer l’ensemble des recettes pour aller sur des ingrédients moins transformés et réduire les quantités de sel et de sucre.

En rénovant un pilier on agit beaucoup plus rapidement en terme d’impact qu’une innovation qui va mettre du temps à grandir et à avoir des volumes significatifs.

C’est la force d’être un groupe installé depuis autant de temps.

M.S. : Voyez vous une évolution parallèle du CA et des efforts RSE ?

E.L. : C’est difficile à quantifier, parce que nous sommes né dans la RSE. Nous n’avons jamais cessé de faire croître nos engagements et nous n’avons jamais cessé de croître, de faire grandir nos parts de marché et de recruter des consommateurs. Aujourd’hui, plus d’un foyer français sur 2 consomme nos marques. C’est assez significatif.

Nous n’avons jamais quantifié ce lien mais la croissance de nos engagements fait croître la préférence de marque en donnant des raisons d’acheter.

M.S.: En tant que directrice RSE, as tu une réflexion commune avec les personnes au marketing, à la communication sur comment informer les consommateurs ?

E.L. : Nous sommes souvent associés. Nous travaillons sur comment valoriser notre impact auprès des consommateurs. Nos packs sont le premier levier de communication auprès des consommateurs. On a récemment retravaillé la charte Bjorg pour y ajouter le label Bcorp, puisqu’on ne le valorisait pas auprès des consommateurs.

Pareil, sur l’engagement global de l’entreprise, on essaie de le pousser auprès des consommateurs.

Les moyens à déployer pour essayer de préserver la biodiversité, quand on commence à entrer dans des sujets agricoles pratiques, sont éloignés des consommateurs. Donc nous avons tout un enjeu de pédagogie et de sensibilisation des consommateurs sur ce sujet-là.

Nous avons déjà travaillé en pilote sur la marque Bonneterre. Nous avons des packagings, notamment, sur la boisson avoine. Nous allons plus loin en expliquant qu’elles sont les pratiques agricoles des agriculteurs.

C’est nouveau, c’est passionnant et on va voir comment les consommateurs réagissent. C’est long de toute façon et ça se fait en parallèle. Il y a une prise de conscience par les médias, par les ONG et par les marques qui vont pousser certains combats.

M.S.: Est-ce que vous travaillez main dans la main avec des ONG, dans l'écosystème d’Ecotone ?


E.L. : Nous soutenons, via la fondation, Génération Future, une ONG qui est clé et qui anime la semaine pour les alternatives aux pesticides qui est un temps forts de mobilisation et sensibilisation aux citoyens sur les dangers et les alternatives pour pallier à ces dangers.

Nous travaillons aussi en partenariat avec Solagro, une association qui a notamment réalisé un scénario prospectif de transition agricole et alimentaire en France qui s’appelle Afterres2050. Ce scénario projette la France en 2050 pour que celle-ci arrive à respecter les accords du climat en projetant ce qu’il faudrait manger, quelle assiette nous aiderait à respecter nos engagements pour le climat et comment transformer le paysage agricole en France.

Nous soutenons aussi des projets plus “terrain”. Le fond pour l’arbre qui vise à restaurer les haies dans les espaces agricoles français, qui ont été arrachées dans les années 50. L’objectif, à l’époque, était de pousser à l’industrialisation de l’agriculture mais on a arraché cette capacité de résilience au changement climatique et ses refuges pour la biodiversité. 

Nous soutenons aussi, un autre projet qui nous tient à cœur, dans les alpilles : la restauration de la culture des amandes en qualité bio. Ces amandes ont disparu du paysage de Provence et l’objectif est de les restaurer.

Nous n’avons pas de solution durable en bio pour empêcher certains parasites. L’amande est reconnue par les consommateurs, en termes de saveur mais aussi en termes de bénéfice nutritionnels. Malheureusement en Provence, un territoire propice à l’agriculture de cet ingrédient, nous sommes freiné par une petite bête.

MS. Peux tu me parler du Synabio ?

E.L. Nous cherchons un bio qui soit cohérent, qui vise aussi à développer des entreprises qui ont des pratiques qui respectent les valeurs qui sont inhérentes à ce modèle. On parle “de la” bio, et non “du” bio parce qu’on ne parle pas de produits bio mais de philosophie bio.

Nous sommes notamment très impliqués dans la démarche “BioEntrepriseDurable”, qui est la certification RSE développée par le Synabio. Elle va à la fois couvrir les enjeux RSE classiques mais va aussi adresser les enjeux RSE spécifiques à la bio (sur les notions de filières notamment).

Nous travaillons ensemble pour définir un niveau de pratique en bio. Nous travaillons collectivement pour échanger nos bonnes pratiques, progresser ensemble et construire cette bio à laquelle on est très attaché.

M.S.: Avez vous des ateliers, des échanges, aidez vous d’autres entreprises ? C’est vraiment juste entre les acteurs de la bio ?

E.L. Aujourd’hui c’est réservé aux entreprises qui font de la bio mais à toutes les tailles d’entreprises. L’objectif aussi est de se nourrir entre grosses et petites entreprises. On fait parfois monter les petites sur des niveaux de pratique et à l’inverse, parfois ce sont des pratiques qui challengent les grosses.

L’idée c’est d’ensemble pouvoir améliorer nos pratiques. Ce n’est pas un syndicat qui a vocation à convertir d’autres entreprises à la bio mais plutôt à renforcer l’expertise et le niveau de pratiques des entreprises.

M.S. Peux-tu nous partager des échecs ou des apprentissages dans cette démarche RSE que tu as pu entamer ?

E.L.: Un échec pour moi, qui est plus lié à mon expérience marketing mais qui a des learnings pour l’expérience RSE actuelle : le lancement de Bjorg bébé. Nous avions lancé une gamme de lait infantile bio sous la marque Bjorg qui était le top de l’alimentation bio infantile. Il était d’origine France, sans huile de palme, avec des vitamines et minéraux d’origine naturelle. Mais la gamme n’a pas rencontré le succès attendu. Je pense qu’on était trop en avance sur le marché. La polémique de l’huile de palme a éclaté plus tard et en termes de learning ce n’est pas toujours facile d’être précurseur sur des engagements, on est parfois en avance sur les attentes ou sur les prises de conscience des consommateurs.

Savoir expliquer ses choix et ne pas renoncer, faire preuve de pédagogie, c’est ce qu’on essaie de faire sur des projets comme Bcorp. Nous sommes persuadés que c’est une très belle certification et un bon outil dont les entreprises ont besoin. Donc nous nous attachons à faire de la pédagogie sur ce sujet là, idem sur la biodiversité.

M.S. : Aurais-tu un conseil pour nos auditeurs sur ce thème de l’impact positif et du business ?

E.L. : Pour moi, tout passe par la raison d’être. Nous avons structuré la démarche et avec du recul je referais exactement la même chose si c’était à refaire.

C’est ce qui permet de fixer la direction et d’engager la dynamique collective, aussi bien en interne qu’en externe. Nos fournisseurs, nos clients, les experts, les ONG. C’est ce qui donne de la cohérence à nos actions et aussi ce qui va nous aider à nous transformer et à innover. Pour moi c’est vraiment le socle et c’est par ça qu’il faut commencer. C’est vraiment une phase hyper importante.

 

MS : Est-ce que tu as une musique / un film qui illustre ta vision sur cette question là ?

E.L : “Nous paysans”, un très beau reportage qui colle bien à notre secteur et à notre mission. Il retrace l’évolution de l’agriculture en France, les bouleversements, comment on est passé de paysans à agriculteurs. et justement cette course effrénée à l’industrialisation et cette prise de conscience qu’il va falloir changer de modèle. On peut y voir des portraits assez touchants d’homme et de femme qui sont passionnés par leur métier mais qui souffrent d’un manque de reconnaissance. Ce lien qui s’est distendu entre notre alimentation et qui la produit. Un très beau reportage.

M.S. : Un acteur à recommander pour ce podcast ?

E.L. :  Picture Organic Clothing marque de sportswear écolo. Labellisé Bcorp, ils sont à Clermont-Ferrand et tracent une voie alternative au modèle textile dominant. Une marque avec laquelle on a des affinités et avec laquelle on collabore régulièrement.

MS. Merci beaucoup pour ce partage, c’était précieux, j’espère que ça va apporter plein de choses aux auditeurs et merci beaucoup pour ton temps.

E.L : De rien, merci à toi de m’avoir invité, je suis ravie de partager ce parcours RSE et la manière dont on conduit nos engagements dans l’entreprise.

M.S. : Il y a beaucoup de cohérence et de sens dans ce que vous faites et donc je retiens ces quelques pistes. La notion d’innovation et rénovation, mettre l’offre au cœur et que tout en découle et la raison d’être comme principal pilier pour construire l’entreprise.

A très bientôt j’espère !

 

E.L.: Merci à très bientôt

 

Melody Schmausagence CAUSE

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