Ep.39 : Ashoka – le business, accélérateur d’impact 🌍

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A propos d’Ashoka et de Arnaud Mourot

On commence fort la saison 2 avec Ashoka, et son VP Arnaud Mourot, passionnant et d’une humilité dingue alors qu’il est à la tête de l’un des plus importants réseaux d’acteurs mondiaux du changement !
 
Il est aussi fondateur de Changemaker Companies, il a plus de 20 ans d’expériences dans l’entrepreneuriat social, et une boite à outils et à idées longue comme le bras pour les entrepreneurs de l’impact qui veulent réussir.
 
Dans cette discussion, il parle sans filtre et donne des clés inestimables pour développer son entreprise à impact.

Ashoka monde, c’est :

  • 4000 projets 
  • 90 pays
  • + 100 millions de personnes servies par ces projets (santé, alimentation, éducation, …)

 


   L’innovation des entrepreneurs sociaux

Les entrepreneurs sociaux ont des idées innovantes et une approche systémique des enjeux qu’ils veulent résoudre. Ils vont donc prendre le problème de façon globale, et ne s’occupent pas que des symptômes.

Or, ils rencontrent des difficultés lorsqu’ils souhaitent changer d’échelle afin d’accélérer leur impact tout en gardant la maîtrise de leur organisation.

C’est pourquoi il faut développer des passerelles entre l’innovation des entrepreneurs sociaux et le monde du business traditionnel, notamment avec ses grands acteurs historiques.

Développer son impact ne veut pas forcément dire augmenter son organisation.

De plus en plus d’entrepreneurs sociaux choisissent des modèles commerciaux traditionnels tout en y mêlant une création de valeur pour la société et pour eux-mêmes. De cette façon, la réalisation financière est corrélée à un impact sociétal mesurable.

Les entreprises doivent faire partie de la solution

Comment cette vision des entrepreneurs sociaux peut-elle être pertinente pour des entreprises qui se posent des questions sur leur empreinte sociale et environnementale ?

Aujourd’hui, les grandes entreprises sont prises à partie parce qu’elles contribuent à la destruction de la valeur collective. Elles doivent donc faire partie de la solution.

Les dirigeants s’engagent publiquement, mais en réalité, ils sont souvent perdus sur la façon de faire.

Il manque le playbook. D’une certaine façon, cette transition sociétale ressemble à la transition digitale que les entreprises ont rencontré dans les années 2000.

Les enjeux climatiques, d’accès à l’éducation, à la santé sont des enjeux que ces grandes entreprises n’ont pas encore complètement compris.

Elles ne savent pas comment s’attaquer à ce problème, elles ne savent pas comment se réinventer. Or, les entrepreneurs sociaux, c’est leur business au quotidien !

Leur rencontre peut donc permettre à chacun de relever ses propres défis.

Par exemple, Boehringer Ingelheim, leader de la santé animale, était confronté à la logistique du “dernier kilomètre” : comment approvisionner les éleveurs reculés.

Une entreprise sociale, au Ghana, avait trouvé une façon de conserver une chaîne de froid pour livrer les vaccins jusqu’au plus reculé des éleveurs. Ils ont commencé à livrer les éleveurs, mais cela devenait trop important pour eux, il fallait créer de grandes chaînes d’approvisionnement.

En connectant ces deux entreprises, cela a permis d’accélérer la croissance de l’entreprise sociale et Boehringer Ingelheim a appris de l’agilité de cette dernière.

Les collaborateurs sont revenus transformés : ils ont développé de nouvelles compétences, ont vu le monde différemment. Ils sont revenus avec un œil neuf qui leur permettra d’emmener l’entreprise plus loin.

Avoir un objectif commun pour aller dans le même sens

Lier l’entreprise à un but, une mission dont chacun peut s’emparer permet de créer de la loyauté et de l’innovation.

Le problème dans ces échanges entre entreprises et innovateurs sociaux, c’est souvent que la vision est à très court terme. Du coup, on induit une relation transactionnelle. Il faut s’assurer qu’il y a bien un objectif partagé et il faut accepter de ne pas être d’accord. Mais il faut établir dès le début une gouvernance de pair à pair.

Comme le disait Blaise Desbordes de Max Havelaar France dans notre épisode 18, si l’entreprise reste alignée à sa mission, elle est capable de tenir bon le jour où il arrive une pression économique et financière.

Le conseil de l’invité : Créer des partenariats à impact

Un conseil de Arnaud pour tenter l’aventure de créer des partenariats à impact : être clair avec soi-même et être authentique et transparent. Quand on est capable d’expliquer et d’exprimer son but, sa mission, on a de grande chance de faire alliance au service de quelque chose qui nous dépasse.

Communiquer son ambition et son impact, c’est quelque chose de très puissant.

Alors osez aller au cœur de votre mission !

Un livre qui résumerait bien cette discussion : Leading from the Emerging Future: From Ego-System to Eco-System Economies de Katrin Kaufer. L’auteure explique que la transformation d’une organisation passe d’abord par la transformation de ceux qui la pilotent.

Acteurs à recommandés

Les petites cantines démontrent que nous pouvons créer de l’inclusion dans les villes.

Proginov à Nantes fait des logiciels. Ils ont une façon d’embarquer les collaborateurs qui montre que même avec une activité où l’impact social n’est pas le but premier, on est capable d’embarquer tout le monde, y compris ses partenaires

 

 

Vous l’avez compris, cet épisode fait partie de notre nouvelle trame d’épisodes « hors-série », des pas de côté dans lesquels j’interviewe des acteurs qui ne sont pas directement à la tête d’une entreprise à impact ou d’un département RSE, mais qui ont énormément de valeur à apporter sur nos sujets. J’espère qu’il vous a plu !

Et comme vous êtes encore là !

J’en profite pour vous remercier pour votre écoute et votre lecture, on vous compte de plus en plus nombreux parmi nos auditeurs et ça nous motive à continuer ce travail de fond sur le business à impact.  
Si ça vous dit de nous soutenir, il y a 2 moyens très simples (et gratuits !) de le faire :trouver 

A très vite !
Melody SCHMAUS