Ep.28 : Nicolas BARD de Make Ici – Réseau français de manufactures collaboratives dédiées à l’artisanat d’art, au design et au numérique

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Notre podcast Business Positif a accueilli Nicolas BARD, co-fondateur de Make ICI, réseau de manufactures pour les Artisans d’Art et entrepreneurs du Faire.

[RETRANSCRIPTION] Dans cet épisode nous parlons de :

Melody SCHMAUS :

Bonjour Nicolas, merci beaucoup de venir participer à cet épisode de Business Positif.

Nicolas Bard : Bonjour Melody, c’est avec plaisir.

M.S. : Je suis très contente de t’accueillir ici parce que depuis le lancement du podcast, vous faisiez partie des entreprises que j’avais très envie de podcaster ! Je suis donc ravie de t’accueillir.

Est-ce que tu peux me raconter en quelques mots ce qu’est Make ICI et comment est née l’idée ?

N.S. :  Make ICI c’est une structure qui a pour vocation de concevoir et d’exploiter des types de productions, c’est-à-dire des espaces dans lesquels des entrepreneurs qui ont besoin d’utiliser des outils de production, des équipements, qui ont besoin de lieux de stockage peuvent trouver tous les services qui leur permettent de se lancer, de se développer et d’apprendre des compétences ou des savoir-faire.

M.S. : Peux-tu m’en dire plus sur ces profils d’entrepreneurs et types de production ?

N.S. Les savoir-faire manuels sont au cœur de notre écosystème donc dans nos lieux nous avons deux tiers d’artisans d’art: menuisier, serrurier, relieur… L’autre tiers est composé de professionnels de la conception : designer produits, architectes, décorateurs… et des professionnels de la fabrication numérique avec impressions 3D.

M.S. Quels sont les types de projets sur lesquels ils travaillent ? L’activité de Make ICI consiste seulement à leur donner des outils ou il y a une activité pour leur présenter des clients ?

N.S. Avant tout, nous leur permettons d’avoir un atelier et les équipements pour pouvoir travailler et développer leur chiffre d’affaires. Ils s’installent chez nous et ils ont le choix :

  • soit d’être dans un atelier partagé avec d’autres,
  • soit ce sont des structures de 2 à 10, parce que nous avons des TPEs, qui peuvent avoir leur atelier privatif.

Le premier objectif, c’est de leur permettre de se développer.

C’est comme un coworking, mais pour artisans. On ne partage pas simplement des bureaux, des chaises et du café. Nous partageons aussi des machines pour le travail du bois, du textile, des lieux de stockage…

Puis, ils s’entraident entre eux. Quand un des résidents a beaucoup de travail, ou de projet, il peut le sous-traiter à d’autres collègues qui sont dans les ateliers.

Après, la structure a ses propres clients qui nous confient des projets de fabrication. Les projets sont pilotés par un membre de l’équipe de Make Ici qui constitue une équipe de résidents, selon les savoir-faire. Soit d’un seul site soit de plusieurs sites.

M.S. Peux-tu m’en dire plus sur ton parcours et ce qui t’a amené à monter ce projet ?

N.S. Fin 2009, je me suis retrouvé indépendant. J’ai quitté la dernière agence dans laquelle j’étais manager. Mon épouse, Christine, quittait son poste, on venait d’être parent et elle ne voulait pas retourner travailler là où elle était.

Moi j’étais consultant en communication et je voulais arrêter ce métier.

Ensemble, nous avons eu l’idée de créer un lieu qui permet aux entrepreneurs du “faire”, de trouver les machines, les équipements dont ils ont besoin et qu’ils ne peuvent pas se payer, par manque de financement. Mais aussi de trouver la communauté et l’entraide pour pouvoir se lancer et se développer.

M.S. : Qu’est-ce qui vous a amené sur ce sujet ?

N.S. Montreuil, c’est la ville de France où il y a le plus d’artistes et d’artisans au sein de la population active de la ville. Donc, nous côtoyons des artistes/artisans depuis le début des années 2000 et Christine a eu l’idée de créer un guide qui met en avant les talents créatifs de la ville. Nous avons rencontré des centaines d’artistes/artisans et de toutes ses rencontres, nous nous sommes aperçus qu’il leur manquait l’accès à des machines. Ils ne pouvaient pas se les financer parce que les banques ne prêtent pas, il n’y a pas de fonds pour eux (par exemple,il faut 40 à 50 000€ pour un menuisier pour se lancer).

Puis, aussi, pour pouvoir trouver des projets, les amener au bout et les facturer, il faut souvent travailler avec d’autres professionnels. Donc, avoir accès à une communauté de savoir-faire complémentaires. C’est pour cela que nous nous sommes dit qu’il fallait tous les types d’artisans, d’artistes, des designers et des projets de fabrication numérique parce qu’ils ont le besoin :

  • de travailler les uns avec les autres,
  • au même endroit, cela fait gagner beaucoup de temps,
  • d’avoir accès aux machines numériques et d’être formé à ses machines. 

Le troisième point, c’est qu’ils ont besoin de conseils pour parler à des banquiers, de conseils en communication ou pour l’Urssaf. L’équipe et les autres résidents peuvent donner leurs conseils.

Nous voulions un endroit où les idées puissent être vives, testées, prototypées et si elles ne sont pas bonnes, elles meurent, mais elles ont une chance.

C’est de l’intelligence collective. Quand tu mets ensemble des personnes qui ont des savoir-faire différents, des passés différents, de genre, d’âge différent, de culture différentes, tu es sur de trouver des idées plus justes et plus rapidement.

M.S. : Peux-tu me dire comment vous avez mis ça en place ? Vous travaillez en couple. Comment arrivez-vous à gérer cette aventure en couple ? Où en êtes-vous actuellement ? Combien y a-t-il de collaborateurs Make ICI et de faiseurs présents sur les sites ?

N.S. On a vraiment eu l’idée à deux. Pour le concept Ici Montreuil, nous avons amené, tous les deux, nos envies et nous n’aurions pas pu le faire seul.

Puis, il a fallu que nous arrivions à nous répartir les tâches naturellement entre nous. Au départ nous étions 4, nous 2 et 2 employés et nous sommes aujourd’hui 25 employés Make ICI. 

Make ICI travaille avec une centaine d’indépendants, de résidents pour monter les opérations de fabrication et les activités de formations qui représentent 30 à 40% de nos revenus aujourd’hui.

C’est un écosystème assez long. On a appris à travailler ensemble en même temps que nous apprenions à nos professionnels les métiers.

Nous étions tous les deux patrons d’un site et il a fallu qu’on devienne coordinateur d’un réseau de manufactures avec des équipes dans chaque site. Cela n’a pas été simple, on a testé et on a trouvé maintenant notre rôle.

Christine a les fonctions de DRH, de responsable de la communication, du branding, de la formation interne et c’est elle qui supervise et aide au quotidien l’équipe d’Ici Montreuil.

Moi je suis dans le développement, la mise en place des modèles économiques.

M;S. : Peux-tu nous raconter aussi où en est le réseau aujourd’hui ? Peux-tu me dire où vous en êtes ?

N.S. : Actuellement nous avons 6 sites, 4 manufactures et 2 fablabs. Nous avons ouvert Ici Montreuil en 2012, Ici Marseille en 2018, Ici Nantes en 2019 et la manufacture AFPA (Centre de formations professionnelles qualifiantes pour adultes) du Puy-en-Velay en 2020. Puis nous avons les fablabs de 100 à 150 m carrés qui sont à Aix-en-Provence, Ici Thecamp,  qui est un campus d’innovation. 2 employés à nous aident les entreprises et les services innovations qui veulent maquetter leurs idées ou les prototyper.

Puis, nous avons un fablab à Montreuil, le Fablab La Verrière,  que nous avons monté avec la mairie.

Enfin, nous avons 4 associations d’insertion dont le but est d’aider des personnes en difficulté à retrouver une voie par le “faire”. Nous montons des programmes pour aider de jeunes décrocheurs à trouver une voie, à se remotiver, ou à aider des femmes qui n’ont pas d’emploi à monter en compétences.

Nous en avons 4 en préparation à Lille, dans le Morvan, à Paris dans le XVIIIe et début 2022 on va ouvrir à Tour.

M.S.: Où veux-tu amener ce projet ?

N.S. : Notre rôle c’est d’aider une génération de français à vivre du “faire”. Ce métier a du sens, quand on le réussit, on peut très bien en vivre, gagner sa vie, mais, comme tout secteur, il faut avoir des compétences, des savoir-faire, bien s’entourer et avoir un écosystème. Nous créons des écosystèmes locaux avec des résidents et des partenaires qui aident à ça et nous mettons en place des formations aussi.

Une des caractéristiques des métiers de l’artisanat et du design, c’est de maîtriser des techniques de fabrication très anciennes, mais aussi modernes pour aider dans le processus de création et de production.

Nous nous levons pour ça, c’est ce qui nous rend le plus fiers. Quand des résidents se développent, réussissent, en vivent, sont heureux puis créent des entreprises, embauchent. C’est très stimulant.

L’entrepreneur français ce n’est pas celui qui crée une start up, c’est celui qui développe une entreprise qui crée des emplois à partir de savoir-faire français produits en France.

On a créé des communautés artistiques, design et numériques et nous avons des artistes dans tous nos sites.

2 sites vont ouvrir à Paris où les artistes ont une grande place. C’est un partenariat avec un promoteur qui s’appelle Emerige. Le président fondateur, Laurent Dumas, est un grand collectionneur. Il voulait absolument créer des lieux dans Paris qui aideraient les artisans, mais aussi les artistes pour leur permettre de fabriquer et de trouver ceux qui peuvent fabriquer leurs œuvres dans Paris.

Il y aura 10 artistes immergés et on va ouvrir la Fabrique des Arts 3.0 dans le Marais en 2025. Ce sera 1200m2 dédiés aux artistes.

Pour nous la vision est hybride : 

  • Nous travaillons en commun, nous mettons de la valeur ajoutée et nous faisons vivre plusieurs personnes.
  • Nous aidons des artistes et des artisans à créer des PME-TPE qui se développent et donc à créer de l’emploi.

Et nous leur donnons le meilleur cadre pour qu’ils y arrivent.

M.S.: Peut-on revenir en 2012 et aux grandes étapes de cette aventure. Comment concrètement vous êtes-vous développés ?

N.B.: Lorsque nous avons trouvé le concept, il a fallu trouver le lieu. Le propriétaire a tout de suite aimé le projet et nous a aidés en débloquant des contacts, en nous accordant des franchises de loyer et en co-finançant une partie du site.

Après, nous avons monté un modèle économique, puis nous nous sommes occupés du financement. Nous, mon épouse et moi avons mis 20%, les amis et connaissances ont amené 20% aussi. Puis, nous avons été lauréat d’un réseau d’entrepreneurs, le Réseau Entreprendre. Cela nous a permis de décrocher des prêts bancaires.

Nous nous sommes retrouvés à aménager un lieu et il n’y avait aucun autre lieu, aucun modèle économique dont nous pouvions vraiment nous inspirer.

Nous avons fait un plan de financement de 600 000€ pour 1800m2, j’avais sous-estimé. Il nous aurait fallu 800 000€.

Maintenant, nos sites font 2 500m2 et c’est 800 000€ d’investissement pour ouvrir.

Le site idéal est de 2500m2. S’il est trop grand, il y a trop de monde et une communauté ne peut pas être bien gérée s’il y a trop de monde au même endroit. C’est pour cela que les espaces de co-working trop grands n’ont pas de communauté.

Cela permet d’avoir une centaine de résidents et une quarantaine d’apprenants. Au-dessus de 150 c’est trop pour avoir une communauté cohérente.

M.S.: Comment avez-vous fait venir les premiers résidents ?

N.B.: On a créé un groupe avec le livre : Made In Montreuil. Nous avions des milliers de personnes qui suivaient. Quand nous avons parlé d’Ici Montreuil, nous avons eu plus de 850 demandes. On a dû organiser des rendez-vous de présentation : 4 par semaines, avec 20 personnes à chaque fois. Ici Montreuil s’est rempli très vite.

M.S.: Comment avez-vous fait pour connaître leur besoin ?

N.B. : Nous avons fait remonter les besoins et nous travaillons aussi avec des artisans qu’on connaissait. Nous nous sommes entourés. Pour que le modèle économique tienne, il faut un atelier de menuiserie, il faut de la serrurerie, du numérique… Il a fallu faire des choix sur les savoir-faire, les artisans et entrepreneurs que nous pouvions accueillir.

Puis, petit à petit, nous sommes montés en compétences.

M.S.: Quand avez-vous réussi à avoir une rentabilité ?

N.B. : Nous avons failli fermer au bout de 4 mois. Mais nous avons eu la chance d’avoir des artisans, artistes qui sont venus nous aider à finir les travaux pour nous installer plus vite. Ils ont aussi amené leur machine.

Puis, nous avons eu 4 entrepreneurs, chefs d’entreprises, qui ont cru en nous et qui ont investi dans le projet. Grâce à cela, nous avons pu finir les travaux.

Puis des clients sont arrivés. Nous étions viables au bout de deux ans et la troisième année, nous avons commencé à faire de petits bénéfices, nous étions rentables.

M.S. : Du coup, pourriez-vous nous donner une bonne pratique en numérique ?

N.B. : Notre plan de financement prévoyait une rémunération, même 6 mois avant l’ouverture, et nous avons embauché le directeur des ateliers et le facilitateur 3 mois avant l’ouverture.

C’est un conseil très important : pas de plan de financement sans rémunération prévue. L’entrepreneuriat n’est pas du bénévolat !

Lancer une entreprise c’est toujours plus long que prévu. Si les fondateurs n’ont pas les moyens de se payer ou d’en vivre, ils vont devoir faire autre chose, donc l’entreprise ne pourra pas se développer.

On ne monte pas une entreprise pour ne pas en vivre.

Nous avions 1500€ chacun, ce qui changeait beaucoup de nos salaires précédents, mais c’était pour lancer la machine.

M.S. : Ici Montreuil a rencontré son succès. Mais ensuite, comment cela s’est-il passé ?

N.B. : Pour que ça fonctionne, il faut :

1 : Que le bâtiment corresponde : 2000 à 2500 m2,

2 : dans un quartier en mutation pour un écosystème favorable au développement économique.

3 : trouver le.la directrice du site.

À Montreuil, nous connaissions des gens.

Le profil du directeur de site c’est :

  • un professionnel de la production, du monde de l’ingénierie, de l’artisanat ou du design,
  • une expérience d’indépendant ou d’entrepreneur,
  • implanté dans la ville depuis un certain nombre d’années. Nous n’embaucherons jamais quelqu’un qui ne connaît pas la ville. Ils ont un écosystème, ils connaissent le territoire. Nous faisons des lieux qui doivent être adaptés à ce territoire. Nous amenons les outils, l’état d’esprit et ils créent la magie.
  • Une compétence que personne n’a dans l’équipe, dans les autres lieux.

M.S.: Y a-t-il des échanges entre les sites ?

N.B. : Oui, nous créons des échanges, il y a de la réciprocité, nous créons des ponts.

En ce moment, nous travaillons sur comment créer un système qui permette de ne plus être dans des communautés locales, mais d’avoir une communauté nationale.

M.S.: C’est très dans l’air du temps le “très local”, mais c'est paradoxal dans le fait que vous ayez des implantations hyper territoriales. Comment trouver le lien entre eux ?

N.B. : Chaque site à des savoir-faire, mais ne les a pas tous. Nous voulons qu’ils le sachent, car si un résident cherche un coutelier, il doit savoir qu’il y en a un à Marseille et doit pouvoir le contacter facilement.

M.S.: As tu des outils à nous communiquer qui vous aident ?

N.B. : C’est le chantier en cours, nous avons plusieurs solutions, mais nous n’avons pas encore décidé laquelle.

Après chaque site à son slack, son logiciel de réservation de salles, chaque site est outillé.

L’inspiration c’est les clubs d’entrepreneur. Le système qu’on va mettre en place a pour vocation première d’aider notre écosystème à développer l’activité économique, à trouver des solutions, à s’inspirer.

On profite du fait qu’on est lauréat 2020 du prix de Liliane Bettencourt. Nous bénéficions de l’accompagnement de la fondation pour mettre en place et trouver ce système.

M.S.: Y a t-il eu un impact de la crise du COVID sur vos activités ? Est-ce que cela vous a apporté de la résilience, des apprentissages, des manières de faire autrement ? Avez-vous dû adapter certaines de vos actions ?

Oui comme tout le monde ! 2020 va se terminer avec 30 à 35% de revenus en moins par rapport à 2019. Mais au premier confinement, nous sommes restés ouverts, car ce sont des lieux professionnels avec des métiers qui pouvaient continuer à exercer. Nous ne voulions pas empêcher nos résidents d’avoir accès à nos sites, c’était à eux de décider. Par contre au staff, nous sommes tous passés en télétravail. 

Nous avons tout de suite dit et vu que la fabrication allait être compliquée et nous avons beaucoup travaillé sur notre stratégie de formation, notre catalogue, la mise en place de nouveau modèle de formation. 3 sites n’ont pas pu ouvrir et ouvriront cette année, mais nous avons gagné du temps sur la formation et sur l’activité qu’on pourra mettre en place.

En 2021, cela représentera 40% de nos revenus alors qu’en 2019 cela représentait 5%.

Un employé lambda, en une semaine, peut monter en compétence avec nos formations (finançable par le CPF).

Aussi, nous travaillons avec des fondations pour aider les demandeurs d’emploi ou les personnes en difficulté pour se reconvertir dans ces métiers-là. Ce sont des programmes de 3 ans.

Le côté résilient, c’est de se dire que nous allons développer et prendre le temps de bien définir la formation pour qu’en 2021 cela fonctionne alors que nous avions subit des déceptions.

Les deux modules de formation qui fonctionnent bien sont :

  • confection 3D – 1 semaine
  • comment monter un meuble – 2 semaines

En 2020, nous avons perdu du chiffre d’affaires, mais nous avons embauché et investi dans le marketing digital.

J’ai rencontré des entrepreneurs quand nous nous sommes lancés et certains m’ont dit : “c’est dans les moments de crise qu’il faut investir en ressources humaines”.

Nous avons embauché un directeur de la formation, 2 personnes à Nantes alors que nous savions que le site n’allait pas se lancer complètement. Nous avons embauché une responsable des opérations de formation, 2 apprentis et nous avons même investi dans une web-série pour expliquer comment nos résidents vivaient et se développaient.

Nous avons pris des risques financiers. Au final, une entreprise ce sont des gens. Avec eux, nous avons pu créer toutes les conditions qui devraient permettre que 2021 se passe bien.

Nous sommes assez confiants, mais en fin d’année, nous avons gagné de gros projets de formation sur 3 ans en PACA et en Île de France, le prix de la fondation Bettencourt qui nous fait monter en notoriété dans le monde des métiers d’arts.

D’ailleurs, le 24 décembre, nous avons remporté un lot de fabrication pour les jeux Olympiques, notre communauté va fabriquer une partie du mobilier des JO 2024

M.S.: Est-ce que vous mesurez votre impact ? Une démarche RSE en interne ?

On s’est développé parce que deux fonds d’investissement à impact sont rentrés à notre capital : Novess, INCO. Ils ont développé une méthode de mesure de l’impact qui s’appelle Mesis (Mesure et Suivi de l’impact social). Nous avons défini ensemble nos indicateurs d’impact qui répondent aussi à notre mission, nous sommes une entreprise agréée ESUS, c’est un label hyper exigeant. Du coup, on a plusieurs indicateurs qui sont :

  • le chiffre d’affaires qu’on aide à générer et que notre écosystème génère,
  • le nombre de personnes qu’on aide et qu’on accompagne via nos formations,
  • le nombre de déchet que nous générons et que nous arrivons à retraiter.

Nous connaissons les familles de déchets, nous connaissons le tonnage et nous avons des solutions de réutilisation. Nous n’avons pas de solution sur tout, mais nous y travaillons.

Novess, INCO ou Lita sont des fonds d’investissement à impact. Ils investissent dans une entreprise et ils espèrent récupérer à terme leur investissement, mais ce qui les intéresse ce n’est pas juste de gagner de l’argent, ils veulent que l’entreprise ait un impact sur des populations ou sur la planète.

M.S.: Un conseil pour nos auditeurs ?

Le conseil que je pourrais donner c’est qu’il faut toujours garder du temps pour soi, il faut penser à soi et avoir des moments pour soi et ses proches et pour ses passions, même au début.

Puis, ce qui fait le succès d’une entreprise, c’est d’arriver à un moment où les entrepreneurs, les patrons des entreprises et l’équipe arrivent à avoir un tiers de leur temps pour réfléchir à des projets à moyen, voire long terme.

M.S.: Une musique ou un film qui illustre ta vision de l’impact positif.

N.B. : Il y a un film qui m’a marqué, c’est “A la recherche du bonheur” avec Will Smith. Le personnage est un commercial qui vend des appareils médicaux, mais il n’arrive pas à en vendre, sa femme le quitte et il se retrouve sans logement tout en s’occupant de son fils. Son obsession c’est que son fils dorme dans une chambre, au chaud tous les soirs. Il se demande comment y arriver et découvre le métier du trading. Ce n’est pas du tout un métier à impact, mais il se retrouve stagiaire dans une boite de trading.

Ils sont 100 stagiaires et on leur dit que celui qui aura les meilleurs résultats sera embauché à la fin du stage. Sauf qu’il doit arriver à 9h et partir à 17h pour chercher son fils puis faire la queue dans les hébergements d’urgence pour être sûr d’avoir une chambre. Du coup, il a développé une méthode pour contacter directement la bonne personne, plutôt que de passer par tout le process établit par la société. Cela lui fait gagner du temps

C’est un conseil : Tapez le plus haut possible, ça descendra toujours plus vite que ça ne montera.

M.S.: Un entrepreneur de l’impact qu’il serait intéressant de podcaster ?

N.B. : Inès Mesmar qui a créée une association qui s’appelle La Fabrique Nomade. Je l’ai rencontrée il y a plusieurs années. Elle aide les personnes issues de l’immigration à vivre de leur savoir-faire en France. 

M.S.: Merci pour cet échange. Plein d’apprentissages, j’espère que ça va aider, inspirer et donner des idées pratiques aux personnes qui nous écoutent. Puis, j’ai hâte d’aller voir Ici Montreuil !

Si nous ne sommes pas résident, peut-on aller visiter ?

N.B. : Il y a des visites toutes les semaines, dans tous les sites. Il y a des journées portes ouvertes, aussi !

M.S.: Merci et à bientôt !

N.B. : A bientôt !

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